La suppression du GNR refait surface

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Colère et incompréhension pour la profession…

Bruno CAVAGNÉ (Président de la FNTP) et Jacques CHANUT (président de la FFB) ont tous deux été reçu lundi 6 mai à Paris par Bruno Le Maire. La mobilisation est constante depuis l’automne dernier pour défendre ensemble une éventuelle hausse du prix des carburants.

Les entreprises du BTP et notamment celles des travaux publics sont très inquiètes à l’éventualité d’une suppression du GNR (Gazole Non Routier).

L’instabilité du gouvernement sur ce dossier n’est plus supportable pour les entreprises. Prévue dans le PLF 2019 (Projet de Loi de Finances), puis annulée en décembre 2018, en même temps que la hausse de la taxe carbone, la FFB et la FNTP savent par plusieurs sources que sa suppression est à nouveau à l’étude par le Gouvernement après les annonces du Président de la République.

« Avec la suppression du GNR, nous courons droit à la catastrophe… Toutes les suppressions de « niches fiscales » ne se valent pas, certaines ont des conséquences économiques bien plus redoutables que d’autres ! »

Dans la filière des travaux publics, trois chiffres sont à retenir au niveau national : 8 000 entreprises, 98% de TPE – PME et un impact économique de 700 millions d’euros sur le milliard d’euros d’économie budgétaire attendu si le GNR est supprimé. C’est l’équivalent de la totalité de la marge nette du secteur.

Ce n’est pas la même chose d’imposer 700 millions à toutes les entreprises de France que de concentrer ces 700 millions sur un seul secteur d’activité à taille réduite.

Il n’est donc pas surprenant que l’annonce à l’automne dernier de la suppression du GNR a fait l’effet d’une bombe.

Nombreuses ont été les petites entreprises à faire éclater leur colère en manifestant dans les rues avec leurs engins de chantier pendant la crise des gilets jaunes.

« Nos entreprises se sont battues pour leur survie dans un secteur où les marges sont déjà très faibles (moins de 2%) et où elles subissent la concurrence dans les territoires ruraux d’autres d’activités comme le secteur agricole, qui n’est pas impacté par la suppression du GNR. Nous ne pouvions pas accepter une distorsion de concurrence entre les agriculteurs et les entreprises de travaux publics, dès lors qu’ils effectuent des travaux publics ». 

Cette suppression serait de surcroît incompréhensible à deux égards :

Elle ne rendrait aucun service à l’environnement : il n’existe aucune alternative plus écologique. Matériellement, les entreprises de TP ne disposent pas, à ce jour, d’engins de substitution leur permettant d’éviter une consommation de gazole.

Il serait également difficile d’acquérir ce matériel forcément plus coûteux sans compensation et aide de l’État, qu’il resterait à définir et dont nous n’entendons pas parler.

La suppression de l’avantage fiscal sur le GNR signifierait la disparition assurée – la mort – d’un grand nombre de nos PME et TPE artisanales et familiales issues du monde rural qui sont par leur dynamisme et leur présence le pilier du tissu économique local.

Sortant à peine d’une grave crise économique qui nous a tous lourdement affaibli et le manque de prévisions de projets de travaux au niveau local n’étant pas fait pour nous rassurer, ce geste du gouvernement correspond à un grand coup de couteau dans le dos.

La mobilisation de la profession reste constante depuis l’automne dernier et les PME et TPE n’accepteront pas de disparaître sans réagir ! 

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